Critique : Cafe SQ

Critique de Clément

Fiche de l’album

Pistes coup de cœur :
Rose of May – Suteki da ne – FFVII Main Theme

Quand je me demandais en avril dernier lorsque Square Enix Music publierait un Jazz SQ, je ne croyais pas être si proche de la vérité ! Certes, le Cafe SQ dont il est question ici n’est pas tout à fait la compilation jazzy espérée, mais il a le mérite de s’en rapprocher. Au moins, les morceaux ont perdu la lourdeur – voire la pauvreté – des arrangements dont ils étaient victimes sur les opus précédents. Ici, c’est l’acoustique qui est maître, même si quelques touches d’électro se glissent, plus ou moins subtilement, dans les accords globalement chaleureux. L’idée, relayée par le nom du disque, est simple : prenez un café (ou un thé ?), décontractez-vous, et laissez-vous bercer par la musique. « Garçon ! Un café court je vous prie ! » Tout ceci est très attrayant, à tel point que je me demande pourquoi les reprises de « Matoya’s Cave », complètement ratée malgré un côté rétro amusant, et « Seven Heroes Battle », qui aurait sûrement gagné à tempérer ses ardeurs électro, sont si énergiques ?

Heureusement, ce sont les deux seuls morceaux qui dénotent un peu. Le reste baigne dans une ambiance sereine, chaleureuse, magnifiquement illustrée par la voix suave et candide de Miina (du groupe Sayonara Ponytail) le temps d’une reprise langoureuse de « Suteki da ne ». Symbole du café musical intimiste, le piano a également une place de choix dans l’album, notamment dans la rythmique enlevée de Manami Morita ou dans le medley de Xenogears de dix minutes joué par Duke of Pianeet. Parfois néanmoins, l’intimiste peut virer au burlesque, comme dans ce thème des Chocobos particulièrement caricatural, toujours sympathique quoiqu’un peu pénible par moments ; ou au festif décomplexé, quand les instruments acoustiques montent en puissance jusqu’à s’en donner à cœur-joie pour reprendre, tous ensemble, le thème principal de Final Fantasy VII. « Oui, je vais prendre un sucre, s’il vous plaît ! »

Avis : Bon

Le DVD du concert Final Fantasy XI le 22 février

Le 14 novembre dernier, nous vous annoncions la sortie d’un DVD du concert VanaCon Anniversary 11.11.11 de Final Fantasy XI. Square Enix vient aujourd’hui de confirmer que le DVD sortira le 22 février 2012 et a lancé un site officiel à cette adresse pour accompagner la nouvelle. Cerise sur le gâteau, nous avons même une vidéo promotionnelle révélant quelques scènes du concert qui s’est tenu le 11 novembre. Elle indique que le DVD proposera aussi un coup d’œil dans les répétitions et des interviews avec les compositeurs Naoshi Mizuta et Kumi Tanioka.

Le DVD sera proposé au prix assez élevé (mais malheureusement habituel au Japon) de 4500 yens (environ 45 euros au cours actuel). La boutique officielle de Square Enix proposera qui plus est un concours pour gagner des feuillets signés par Mizuta et Tanioka.

Un DVD prévu pour le concert Final Fantasy XI !

C’est donc vendredi dernier que s’est déroulé le concert VanaCon Anniversary 11.11.11 à Tokyo, au Japon, un événement célébrant les musiques de Final Fantasy XI. Ce n’était jusque-là une belle occasion que pour ceux qui ont pu y assister, mais le blog japonais du jeu vient de confirmer qu’une sortie DVD est désormais prévue ! Les détails restent encore inconnus, mais le message du blog nous promet d’en donner prochainement. Seule certitude : le DVD contiendra un code permettant de télécharger dans le jeu un « Maestro Tact », un bâton de chef d’orchestre. Pour rappel, le concert était interprété par l’orchestre philharmonique de Tokyo sous la direction de Masahiko Enkôji, et il s’est déroulé à la salle Mozart du Katsushika Symphony Hills, à Tokyo. Voici quelques photos provenant du site GAME Watch.

Vous trouverez d’autres photos de l’événement sur les sites Famitsu et 4Gamer. Ils proposent également le programme des musiques jouées à l’occasion, mais figurez-vous que vous le retrouverez ci-dessous avec le détail des compositeurs et des orchestrateurs ! Square Enix s’est offert les services de Hayato Matsuo et Yoshihisa Hirano notamment, deux noms qui devraient rappeler quelque chose à ceux qui suivent de près les musiques de RPG. Matsuo a composé quelques musiques du premier Ogre Battle, tandis que Hirano a orchestré quelques thèmes de Dirge of Cerberus, interprétés d’ailleurs par le même orchestre philharmonique de Tokyo. Vraiment, le monde de la musique de jeux est petit !

Première partie
1. Procession of Heroes ~ Vana’diel March Medley (composé par Naoshi Mizuta, orchestré par Hayato Matsuo)
2. Ronfaure (composé par Nobuo Uematsu, orchestré par Shirô Hamaguchi)
3. Griffons Never Die (composé par Naoshi Mizuta, orchestré par Hayato Matsuo)
4. Fighters of the Crystal (composé par Naoshi Mizuta, orchestré par Yoshihisa Hirano)
5. Ragnarok (composé par Naoshi Mizuta, orchestré par Yoshihisa Hirano)
6. Distant Worlds (composé par Nobuo Uematsu, arrangé par Naoshi Mizuta, orchestré par Sachiko Miyano)

Deuxième partie
7. Awakening (composé par Kumi Tanioka, orchestré par Hayato Matsuo)
8. The Sanctuary of Zi’Tah (composé par Naoshi Mizuta, arrangé pour le piano par Kumi Tanioka)
9. Gustaberg (composé et arrangé pour le piano par Kumi Tanioka)
10. Four Nations, One Sky ~ A Tribute to the Cities (composé par Naoshi Mizuta et Kumi Tanioka, orchestré par Sachiko Miyano)
11. A New Horizon – Tavnazian Archipelago (composé par Naoshi Mizuta, orchestré par Sachiko Miyano)
12. Sword Songs ~ Battle Medley (composé par Naoshi Mizuta, orchestré par Yoshihisa Hirano)
13. Melodies Errant (composé par Naoshi Mizuta, orchestré par Yoshihisa Hirano)

Rappel
14. Main Theme – FINAL FANTASY XI Version (composé par Nobuo Uematsu, arrangé par Naoshi Mizuta)

 

Distant Worlds à Londres

Pour la première fois depuis sa création, Distant Worlds débarquait ce samedi 5 novembre sur le Vieux Continent, à Londres précisément. Mais qu’est-ce donc ? Tout simplement le concert officiel de la série la plus populaire qui soit, Final Fantasy. Impossible de rater pareil événement, surtout à moins de deux heures de train. Mon dernier passage dans la capitale anglaise remontait à environ quinze ans. A peine collégien, j’avais découvert une ville banale et bizarre, avec ses bus à deux étages et son bacon frit ; je me contre-foutais totalement d’une quelconque notion de beauté architecturale. Les années ont passé, le bonhomme a mûri. Londres possède des quartiers somptueux, et probablement l’une des plus jolies salles de concert de la planète. Accessoirement, les filles court vêtues sont plutôt charmantes, mais ce n’est pas vraiment le sujet.

Malgré la controverse des derniers épisodes de la série, la notoriété de Final Fantasy demeure intacte. Même si la salle n’était pas tout à fait pleine, on dénombrait au bas mot 4900 personnes venues célébrer ensemble leur compositeur et jeux fétiches. Nobuo Uematsu, évidemment, est dans la salle ; il monte rapidement sur scène pour saluer un public aux anges. Le confort est optimum, le plaisir immense. Malgré un programme sans réelles surprises, notamment pour qui a déjà entendu les albums Distant Worlds (ici ou , par exemple), je me laisse rapidement gagner par les mêmes sentiments d’aisance et de nostalgie que d’habitude. Quand la harpe du « Prelude » résonne de ces notes mythiques, je me sens comme chez moi ; quand la mélodie de « Don’t be Afraid » progresse, lente mais puissante, mes yeux embués se souviennent avec candeur de ces heures passées sur l’épisode VIII. Mais la nostalgie n’est pas seule, le talent l’épaule. Au sommet de la carrière de Uematsu, se dresse ainsi un morceau gigantesque, fier thème du combat de fin contre l’un des plus mémorables vilains de la série, Cefka. « Dancing Mad », chef-d’œuvre parmi les chefs-d’œuvre, est long d’une quinzaine de minutes, quatre phases, et sa puissance folle n’a d’égale que son ingéniosité. Avec la chorale et un orgue de dix mille tubes, la force se dégageant du final est vraiment époustouflante (le siège tremblait !). Et que dire de l’Opéra symphonique « Aria di Mezzo Carattere » ? Les trois choristes solistes ont la voix énergique et dramatique, mais toujours portante et assurée ; là encore, le final en apothéose est incroyable. Bien sûr, FF se dote également d’une chanson-thème à chaque épisode depuis le huitième. De sa voix romantique et chaleureuse, Susan Calloway nous interprète ainsi trois d’entre elles : « Eyes on Me » (FFVIII), « Memoro de la Ŝtono~Distant Worlds » (FFXI) et « Kiss me Goodbye » (FFXII).

Alors que tous les éléments étaient réunis pour que la soirée soit parfaite, quelques soucis sont venus un peu gâcher la fête. Certes, l’erreur est humaine, et quelques bévues dans un concert de plus de deux heures sont pardonnables, mais tout de même : les cuivres semblaient complètement à côté de la plaque pendant les trois quarts du concert, particulièrement dans « You Are Not Alone ». L’organiste, lui, a complètement bouffé sa partition dans « Dancing Mad ». Mauvaise préparation ? Pression ? Manque de talent ? Je ne sais pas, mais vu le standing supposé du concert et de l’orchestre, ainsi que le prix des billets, c’est un peu décevant. Quant aux arrangements, certains étaient un peu fades, notamment « Blinded by Light », le thème de combat de XIII composé par Hamauzu. Dans la version originale, le violon solo explose avec un énergie débordante ; ici, il était remplacé par l’ensemble des cordes dans une version beaucoup moins dynamique. On passe donc complètement à côté du point fort du morceau… Enfin, peut-être un peu plus discutable mais d’autant plus subjectif, la présence débordante de VII a presque rendu certains opus un peu transparents, comme IX ou XII pour ne citer qu’eux, alors même qu’ils regorgent également de thèmes tout aussi fabuleux. Mettons néanmoins de côté ces petites déceptions. Il serait malvenu de les laisser prendre le dessus sur ce qu’est réellement Distant Worlds : un bon moment, une fête, un hommage. Les acclamations lors du thème de Tina, qui fait office de « générique de fin » alors que défile sur les écrans géants l’introduction de VI, peuvent en témoigner ! Et puis, avez-vous déjà vu Uematsu monter sur scène et accompagner la chorale de « One-Winged Angel » ? Un moment assurément épique. Nos voisins Anglais peuvent être fiers d’avoir accueilli pareil événement, et pourront même bientôt se vanter de l’accueillir une seconde fois, puisqu’Arnie Roth a annoncé que le concert serait de retour là-bas le 17 novembre 2012. En attendant que vienne le tour de Paris.

– Clément

Merci à Florian A. pour la photo du Royal Albert Hall.