Critique : Tengami Original Soundtrack

Connu pour son sens de la mélodie et ses expérimentations sonores qui ont marqué les joueurs de Donkey Kong Country sur Super Nintendo, David Wise est également un grand amoureux de musiques du monde. Son œuvre en est souvent teintée, et c’est probablement ce qui a poussé Nyamyam à faire appel à lui pour retranscrire en musique l’ambiance japonaise et onirique de Tengami, le premier jeu de ce jeune studio composé d’anciens membres de Rare.

Le koto, cithare japonaise à treize cordes, sera l’instrument le plus récurent et Wise nous le fait savoir dès les premières notes du morceau « The Awakening ». Si d’autres instruments du folklore japonais tels que les taïko (tambours) ou encore la shinobue (flûte) parsèmeront l’écoute de l’album, la particularité tout à fait remarquable de la bande originale de Tengami est de mélanger ces instruments traditionnels avec des sonorités plus électroniques, tant au niveau des percussions que des synthétiseurs. Un mariage anachronique aussi surprenant que réussi puisque jamais l’intégration des sons plus virtuels ne vient troubler l’écoute. Au contraire, ceux-ci viennent appuyer avec une touche toute particulière l’émerveillement offert par ce voyage musical, et ce ne sont pas les lumineuses « Dreams Unfolding » ou « Five Stories To Heaven » qui me feront dire le contraire.

Aérienne et mélodique quand il s’agit d’illustrer le vent (« Crimson Leaves »), mystérieuse pour recréer l’atmosphère d’une vaste mer (« Ocean Breeze »), la musique de Tengami parvient à se renouveler tout en demeurant véritablement cohérente. Parfois, la dimension électronique prend le dessus sur des pistes comme la touchante « Loneliness » ou encore la bien nommée « Reflections ». Mais leur aspect plus singulier ne vient aucunement rompre avec l’harmonie de l’œuvre, c’est même le contraire puisqu’elles apportent une variété qui aurait pu manquer à l’ensemble et qui trouve parfaitement sa place ici. Pour compléter ce paysage déjà riche, des compositions plus majestueuses et contemplatives comme « Frozen In Time » ou « The Pale Moonlight » viennent nous rappeler la relative lenteur du jeu, à l’esprit définitivement japonais.

Cerisier Bateau

Plutôt rare ces dix dernières années, 2014 aura été pour David Wise l’occasion de revenir en beauté. Non seulement, il confirme avec Tengami qu’il sait encore faire rêver et surprendre ses auditeurs en mélangeant ambiances planantes et musique du monde, mais en plus, il prouve avec son gigantesque travail sur Donkey Kong Country : Tropical Freeze qu’il peut tout à fait assumer une charge de travail colossale sans jamais connaître de baisse de régime ou de manque de renouvellement. Mais je m’égare ! Pour l’heure, si vous aimez la musique pour sa capacité à vous emporter sur des rivages enivrants et enchanteurs, ne passez pas à côté de cet aller simple pour cette contrée à la fois familière et inconnue. Une chose est sûre, ce cher David nous avait manqué !

Julien

Avis : Très bon

Coups de cœur :

  • The Awakening
  • Crimson Leaves
  • Frozen In Time

Un commentaire

  1. Denys   •  

    J’ai eu la bande son en précommandant le jeu et, si la première écoute m’a laissé un peu réservé, les suivantes m’ont convaincu et je me suis surpris à chantonner les mélodies de D. Wise dans la rue ! J’ai hâte que le jeu sorte sur Mac pour pouvoir le faire enfin.

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