Critique : memória! -The Very Best of Yoko Shimomura-

Après l’éblouissant drammatica pour les 20 ans de carrière de la compositrice, Square Enix a décidé de remettre à l’honneur Yôko Shimomura cette année, pour ses 25 ans dans l’industrie de la musique de jeu vidéo. Le résultat est memória!, une compilation d’arrangements inédits de quelques-uns de ses jeux… Square Enix, forcément.

Le disque s’ouvre sur un piano quatre mains de « Dearly Beloved » de Kingdom Hearts, voyant Hiroyuki Nakayama et Shimomura elle-même s’illustrer dans une reprise généreuse et accrocheuse, très réussie. Il y a beaucoup de piano sur cet album, Shimomura oblige : ainsi Nakayama seul revient sur le thème d’Aya de Parasite Eve, propre et sans surprises, mais toujours aussi splendide, et qui se permet un clin d’œil à « Wheel of Fortune » dans ses dernières secondes. Le violoncelle vient accompagner le piano dans « The Revolving Wheel of Fate » de Heroes of Mana, pour une piste grave et mélancolique, remarquable arrangement de Natsumi Kameoka.

Bien sûr, les morceaux majeurs de memória! sont les thèmes interprétés à l’orchestre, tous plus magiques les uns que les autres. Et si l’on apprécie forcément la délicatesse tantôt guillerette, tantôt paisible des deux reprises de Super Mario RPG, les deux meilleures se trouvent en milieu de disque, orchestrées par Sachiko Miyano. La première, « Vector to the Heavens » de Kingdom Hearts 358/2 Days, est immensément poignante par la générosité de ses ajouts d’orchestrations. La seconde est un pot-pourri de l’un des arcs narratifs de Legend of Mana, celui du tueur de dragons : quelques-unes des mélodies les plus mémorables du jeu, dans un habillage d’une grande intensité. On aurait volontiers troqué la version orchestrale dispensable de la chanson « Song of MANA » contre un peu plus de Legend of Mana de cette ambiance.

memoria!

Mais le disque propose aussi un penchant plus moderne avec deux chansons J-pop inspirées de Live A Live, « Kiss of Jealousy » et « MEGALOMANIA ». Arrangées par le groupe HIDEAWAYS et interprétées par Aina Kase, elles sont forcément d’un style complètement différent, mais n’en restent pas moins très entraînantes. Il faut dire que leurs mélodies étaient déjà mémorables à l’origine. L’irruption du violon dans « Kiss of Jealousy » est tout à fait réjouissante. HIDEAWAYS a également arrangé le thème de boss « Pain the Universe » de Legend of Mana, mais le synthétiseur est un peu déroutant ; une guitare électrique aurait peut-être mieux fait l’affaire.

Enfin, petit cadeau bienvenu, « Omnis Lacrima » de Final Fantasy XV est comme on le savait déjà une explosion dramatique qui fait déjà rêver pour le reste de la bande originale. Elle est suivie par la contribution de Shimomura au jeu d’action musicale Demons’ Score, beau petit morceau rythmé et exotique, avec guitare acoustique et violon.

memória! est un album plus diversifié que drammatica, donc plus inconstant aussi si l’on est moins sensible à l’un des styles abordés. Les férus d’orchestrations délicates trouveront le temps long sur les pistes J-pop et rock. Personnellement, je trouve que cette petite variété est justement ce qui fait la force de memória!, même si son concept semble forcément moins abouti que drammatica.

Jérémie

Avis : Très bon

Coups de cœur :

  • Vector to the Heavens
  • Legend of Mana Dragon Killer Medley
  • Omnis Lacrima

2 commentaires

  1. Mariusz Borkowski   •  

    Probably one of the best arrange album of this year, but not so good as drammatica -The Very Best of Yoko Shimomura.

    Thank You Jérémie for the review.

    All best,

  2. Pingback: Musica Ludi – Critique : ISON Comet – Yasunori Mitsuda

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